Proof of concept et Produit Minimum Viable

MinimumViableProduct

Beaucoup de personnes viennent vers nous avec l’idée que pour lancer une startup, il faut un projet totalement fini et impeccable et retarde ainsi leur lancement jusqu’à ce que le résultat soit parfait.

La vérité c’est que pour commencer, il ne faut pas faire cela. A l’instar, d’un projet print à envoyer pour impression ou d’un projet à lancer en usine, dans le web ce n’est jamais trop tard de rectifier le tir même après mise en ligne – les modifications pouvant se faire en cours de route. Par contre trop tarder pour lancer le projet ou se baser sur des prédicats trop établis dans un cahier des charges peut s’avérer être fatal pour une startup. De même investir dans quelque chose de parfait peut-être catastrophique du point de vue temps/budget surtout si après coups on doit changer de cap et finalement refaire tout une partie…

Dans la plupart des cas, un Proof Of Concept ou un Produit Minimum Viable peut suffire lors de la première phase d’un projet. En effet, le plus important pour une idée c’est d’être confronté le plus rapidement à la réalité du marché. Vous perdrez beaucoup d’argent et de temps si vous développez dans votre coin un produit parfait mais qui ne répond pas du tout à une demande ou à l’attente d’un client.

Voici les explications…

1. Votre premier public cible adopte une idée et pas un produit fini

Selon Geoffrey Moore (écrivain et consultant High-Tech à la Silicon Valley) et Everett Rogers (sociologue spécialiste de l’innovation technique), il existerait 5 catégories dans le cycle d’adoption d’une technologie.

  1. les Innovateurs (2,5 % de la population)
  2. les Adeptes précoces (13,5 %)
  3. les Majorité précoce (34 %)
  4. les Majorité tardive (34 %)
  5. les Réfractaires (misonéistes, néophobes)(16 %)

Lors d’un lancement d’un nouveau projet, votre premier public cible sera toujours les Innovateurs et Adeptes précoces. Pour eux, le plus important c’est l’idée, le concept et ce que cela véhicule – ils se soucient des bugs, de la qualité ou même de l’ergonomie d’un projet. Prenez l’example d’Internet, tout d’abord il a été utilisé par les scientifiques et les universités (nid à Innovateurs et/ou adeptes précoces), pour cette partie de la population le fait qu’Internet aille à du 56k ou qu’il faille installer des tas de logiciel pour le faire fonctionner leur souciais guère. Ce qu’ils voulaient c’est surtout être les premiers, croire en l’idéologie d’Internet peu importes les bugs, la facilité d’emploi ou le coût… Le pattern se vérifie aussi dans le secteur industriel comme le lecteur Mp3, les appareils photos numériques, les robots aspirateurs ou imprimantes 3D… Souvent vendus à la base à des prix prohibitifs et non-exempts de bugs, ils ont pourtant trouvé acquéreurs même si le produit n’était pas parfait. Je me rappelle d’une discussion tenu avec un ami au nouvel an concernant les imprimantes 3D. Pour lui, cela lui importait peu que la technologie ne soit pas encore totalement au point. Tout ce qu’il voulait c’est d’être au première loge d’une révolution technologique.

2. Il faut s’adapter à la taille de son marché

Investir dans produit totalement abouti et fini à des milliers d’euros quand vous n’avez encore pas de clients est une démarche très risquée… Le plus important avant d’investir dans un projet c’est de savoir si les gens accrocheront ou même vous obtiendrez beaucoup plus de financement si vous avez déjà une petite niche de clients potentiels (comme les innovateurs ou les adeptes précoces). L’avantage de sortir un produit pas fini ou un proof of concept c’est que vous pouvez récolter du feedback très rapidement (les innovateurs et adeptes précoces donnant très facilement leurs avis). Vous pourrez ainsi mieux faire évoluer votre produit ou mieux définir les différentes étapes si vous évoluez avec votre produit (du plus petit des projets à celui qui rapportent des millions).

Un example parlant, celui de Dropbox. Pour expliquer leur projet assez complexe et avoir déjà des potentielles clients avant même de programmer leur logiciel… Ils ont simplement réaliser une vidéo explicative. Ce Proof of Concept leur a permis d’avoir une base de donnée de clients potentielles ainsi que de mieux expliquer leur projet à des investisseurs. Dropbox est à présent un des grands majors dans les systèmes Cloud.

Autre example c’est celui de Groupon. A présent leader du marché de l’achat groupé, ils ont pourtant commencé leur aventure avec un très simple site WordPress que tout le monde aurait pu faire et en encodant et démarchant leur client totalement manuellement… Pourtant d’un simple produit de base assez amateur ils sont arrivés à en faire un produit au chiffre d’affaires de : 2 334 472 000$ ! Pour eux, le site WordPress était leur produit minimum viable. C’est seulement avec le temps qu’ils ont investi dans une plate-forme en ligne s’adaptant petit à petit à la taille de leur marché.

Qu’est-ce qu’un Proof of Concept ?

Une preuve de concept ou POC (de l’anglais : proof of concept), ou encore démonstration de faisabilité1, est une réalisation courte ou incomplète d’une certaine méthode ou idée pour démontrer sa faisabilité.

Les POC servent principalement à mettre en pratique un projet fictif et d’en tirer des enseignements précieux. Un Poc n’a pas vocation direct d’être rentable – elle sert juste à valider une idée avec une esquisse un peu plus concrète de ce cela pourrait être. Un POC peut être donc, un site rapide, une vidéo ou même une feuille de papier – le plus important dans cela c’est de le confronter au monde extérieur. Mais attention ! Il est souvent très tentant de confronter son idée à son entourage direct mails il faut veiller à bien choisir à qui vous présentez le projet… En effet, chaque personne peut se trouver dans une des 5 catégories alors qu’on essaye de cibler les 2 premières pour l’instant… Ainsi présenter votre projet à votre Grand-Mère n’aura vraiment aucun intérêt surtout que récupérer du feedback de personnes des autres catégories peut s’avérer être contre-productif après coups (car ils peuvent attacher de l’importance à des choses qui n’en n’ont pas pour l’instant…). Donc voyez à bien cibler les personnes chez qui vous présentez votre projet.

Qu’est-ce qu’un Produit Minimum Viable ?

Le produit minimum viable (anglais : Minimum Viable Product, MVP) est une stratégie de développement de produit, utilisée pour de rapides et quantitatifs tests de mise sur le marché d’un produit ou d’une fonctionnalité1.

Pour moi, ça serait l’évolution naturelle du POC car cela confronte un projet à une autre réalité – celui du marché.

Un produit minimum viable réussi est un produit qui rapporte juste assez pour vivre tout en ayant investit le moins d’argent (il n’est pas question de temps ici!). Si vous êtes seul à lancer votre projet, je pense que vous pourrez vivre décemment avec, on va dire 2100€ brut on va dire. Donc pour pouvoir se rémunérer correctement au début si votre projet a un abonnement à 30€/mois et que vous avez 70 clients c’est déjà pas mal pour un début !

Maintenant si votre projet doit engager 10 personnes temps pleins et ne rapportent rien au bout d’1 an… Vous devrez vous poser de sérieuses questions…

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